A dit :
Je n'en peux plus. Comment dire, il me tue un peu plus chaque jour... En mettant fin a notre histoire, en mettant notre hypothétique bonheur en suspension, en tuant les espoirs de matins bleus dans ses bras, en tirant un trait définitif sur mes rêves, en coupant les ponts de notre idylle, il m'a plongée au fond d'un gouffre. Alexandre, si j'ai peur c'est que maintenant je ne vois qu'a peine la lumière du ciel quand je regarde vers le haut. Tomber de haut, désillusion sans précédent, avoir atterri dans ce puit de malheur et ne pas savoir comment ni quand j'en sortirai. Tiens, une comptine qui me semble etre familiere. Oui, cette fin de tragédie, ce pistolet pose sur ma tempe, ce labyrinthe cauchemardesque, a un air de deja vu. C'est peut etre parce que l'histoire de ma vie, a moi Camille. C'est peut etre parce que cette vie c'est l'histoire d'un schema, soufrir, encore et toujours, soufrir, hier, maintenant, demain. Et pourtant je m'accroche. A la vie, au gens, a l'amour. Ah, l'amour. Mes larmes, cela serait injuste de les attribuer toutes a Alexandre. Il y a aussi du sang sur les mains d'autres. Alexandre n'est pas mon premier amour. Il etait ma premiere fois, mais il ne faut pas confondre. Il y avait avant lui Antoine. Deux ans a l'aimer, puis croire au bonheur dans ses bras, puis le perdre. Lamentablement. Le perdre, et me perdre moi meme aussi par la meme occasion. Je ne connais pas assez bien l'etre humain. C'est dur de se poser tant de questions, de vivre tellement en dehors de soi, dans ce monde que j'observe et que je cherche a comprendre toujours. Parce que je ne suis pas qu'une caracterielle, on aura beau me dire que je suis cyclotimique, que je suis un chieuse, une grande gueule, que j'ai un caractere de merde. Ne voir que cette facette c'est mal me connaitre. Il faudrait aussi voir le reste de l'iceberg, et d'ailleurs c'est surtout cette partie immergee qui fait ma personne. Ce n'est pas parce c'est le reste que l'on voit a l'exterieur que c'est ce que je suis vraiment. Je me bats, je lutte, pour ne pas baisser les bras, pour ne pas montrer qu'en fait je suis fatiguee, epuisee, que je suis fragile, petite, que je me meprise. Et c'est mon esprit qui l'emporte toujours, c'est lui le plus fort. J'aime a comprendre, a connaitre, a regarder. Et si je dis que c'est dur de vivre constamment alerte, receptive, a ce qui se passe autour de moi, en moi, et a ce qui m'arrive, c'est parce que je me perds dans ma petite tete. En fait Antoine etait pour moi l'homme parfait. Et je me suis donnee a lui, offerte, mon destin, mon bonheur, etaient tributaires de lui et de lui seul. Et il m'a tant fait soufrir, a dire que je ne comprenais pas, a me donner des raisons bidons comme celle par exemple que ces amis ne voulaient pas qu'ils soit avec moi, que s'il ne pouvait pas etre avec moi c'etait parce qu'ils ne m'aimaient pas, a etre tout le temps avec Helene et a attiser ma jalousie... Mais il y avait aussi les autres, comme ce con de Kupi a me dire qu'il n'etait sorti avec moi que par pitie, ou Helene qui je trouve a tout fait pour me donner l'impression qu'elle me l'avait vole, meme si ca n'est pas le cas... Bref, alors moi je cherche a comprendre, a trouver la verite, je crois Kupi, j'ai des doutes, puis non je le crois lui, c'est ses potes... Mais ca ne peut pas etre ca, c'est alors moi? Je suis donc une sous-merde, tout est de ma faute et je l'ai fait fuir alors? Trop de questions, pas de reponses. Quelqu'un mecoute? Quelqu'un pourrait m'aider?? Je pourrais me comparer a une muette, je cris mais personne n'entend... Avec cette impression de vivre isolee du monde, que personne ne pourrais me comprendre, que je suis differente, que je suis seule, dans une bulle. J'en ai marre de moi, je voudrais me quitter, moi aussi. Me dire que c'est fini, que je suis une folle, que je me pose trop de questions et que je fini toujours par mettre la faute sur moi, par me rabaisser et par soufrir doublement plus... Trouver la lueur a la fin du tunnel, une main qu'on me tend, une sourir redempteur, une amitie salvatrice, quelle sera ma catharsis? L'ecriture? La peinture? Me liberer, de ce monde ou toutes les filles sont aussi connes et superficielles les unes que les autres, les mecs tous aussi cons et obsedes les uns que les autres. J'aimerai leur ouvrir les yeux, j'aimerai qu'ils prennent ma difference comme une perfection. Mon originalite me met a part, mais pourquoi voudrais-je me conformer au model type unique de la parisienne? De l'etudiante de Saint Dominique? De la fille a papa et maman sage et studieuse? Que le monde aille se faire foutre avec tous ses prejuges et ses exigences, moi je ne rentrerai pas dans son moule a la con. Il va falloir me lobotomiser le cerveau si vous voulez me faire bouffer tout ca, pour l'instant je ne veut pas etre un clone, avec ce regard denue de vie et d'expression qu'on tous les autres. Sauf exeptions bien sur. Sauf ceux qui me font, qui m'on fait, qui me feront soufrir. C'est peut etre d'ailleurs pour ca que je fus attiree par Alexandre, une beaute a en couper le souffle, une intelligence a ne vouloir plus jamais entendre parler qui que ce soit d'autre que lui, un sourir, une maniere d'etre, une odeur, un toucher, une caresse, une demarche, qui n'etaient pas comme celle de tous les autres. Je me suis peut etre autant attachee a lui, j'ai peut etre abandonne tout mon etre, tout mon corps, a lui parce que je voulais que l'on quitte la terre ensemble. Il me faisait voyager, il me donnait confiance en l'etre humain, je me disait qu'il n'y avait pas que des cons, qu'avec lui l'euphorie etait possible et saine. Qu'il pouvait me sauver, me redonner la joie, le gout a la vie, l'envie d'exister, dans un monde plus beau, dans un univers parallel qu'il m'offrait et recreait sous mes yeux, dans ses bras. Alexandre avec lui le monde est beau, autant dire qu'il rendait l'impossible possible. Je voulais tellement vivre a travers lui, que la chute fut un vrai traumatisme. Et encore une fois j'ai recommence a chercher a comprendre, a chercher a me perdre. C'est reussit. Maintenant je ne vis plus, je ne veux meme plus penser, parce que cela ne sert plus a rien. J'ai deja fini par conclure que tout etait encore de ma faute. J'ai ete immonde. Je me deteste encore plus maintenant, comme si c'etait possible. Je lui ai menti, il l'a decouvert, il m'a quitte. C'est simple, c'est tout bete, et pourtant c'est comme si j'en mourrai a ce jour. Personne ne comprend ma douleur, personne ne pourrait meme commencer a ressentir mon desespoir. D'ailleurs ils s'en foutent.
FIN
C dit :
Je n'ai jamais compris quelque chose à la vie, sinon qu'elle était belle, mais qu'il fallait la mériter. Aujourd'hui, je suis en phase avec un hypothétique bonheur, celui qui disparait comme un homme qui perd la vie. Je suis lunatique, et caractérielle. Je suis Camille, mais aussi Marylin Monroe, Kanye West, Einstein, Maupassant ou encore Musset. J'apprécie la vie comme elle vient, mais c'est vrai, je suis emprisonnée dans ce monde où seule la violence est maitre mot. Et j'ai beau, tuer, cracher, souffler pour qu'elle s'arrête, je ne peux rien faire. J'ai besoin de lui, comme les oiseaux ont besoin de leurs ailes. Il était ma destinée, je lui appartenais. Aujourd'hui, je sais pourquoi on ne peut être ensemble. Il me la expliquer, c'est pour mon bien, m'a t'il dit. Tu souffrirais trop de mon coté incompréhensible Camille, je te ferais mal. Je rentre en prépa Henry IV, je ne pourrais jamais t'accorder autant de temps, je ne pourrais jamais te satisfaire, et au final on en souffrirais tout les deux. Je ne sais pas pourquoi je verse autant de larmes pour lui, ce n'est qu'un homme parmi tant d'autres. Ce n'est qu'Alexandre. Celui qui m'a fait revivre, qui m'a appris ce qu'était la vie, ce qu'était le bonheur. Je redouble, puis je change d'établissement, Sainte Croix. Je tenterais de survivre une nouvelle fois, de réapprendre à comprendre pourquoi je suis là, au milieu de ces gens, tous plus importants à mes yeux que les autres. L'humain ne cessera de me fasciner. Si je devais résumer ma vie, elle ne serait qu'observation. Observer le monde qui m'entoure, chercher pourquoi chacun se forge une personnalité, un masque. Chez certains, le masque est épais, dessiné sur mesure. Les gens ne me comprennent pas, ou très peu. Et à ce stade de ma vie, je pense avoir atteint une maturité que certaines personnes n'atteindront jamais. J'aimerais être égocentrique, violente, antipathique. Mais je ne peux pas, ce serait contre ma volonté, je me forgerais le masque dont tout le monde rêve. Celui de dictateur, celui de Dieu. Je vis à travers la musique, à travers l'écriture et personne ne peut rentrer dans mon monde, personne. Même pas Alice, qui me surprend de jour en jour. C'est vrai, parfois j'aimerais que l'humain comprenne que l'on peut être vrai, et ouvert. Accessible. J'ai mal, profondément mal, à m'enfoncer une lame dans la chair, à crier mon désespoir en laissant couler ces petites gouttes salées sur mon visage. Je suis sourde, et invisible. C'est comme si mon esprit était gagné par chaque personne vivant sur cette terre. Je souffre du malheur des autres, et du mien. Les mots me paraissent si inutiles, car aucun ne peut permet d'exprimer combien le monde est une énigme à mes yeux. J'ai peur de mon avenir, peur de notre avenir. La souffrance ne peut être décrite, j'ai mal. Point barre.
Mal de tout ce qui m'entoure, mal de mon être. Mes parents m'ont souvent répété que c'était l'adolescence, mais aujourd'hui je sais que c'est faux. Que plus je grandirais, plus l'atmosphère deviendra sombre et lugubre, plus le ciel deviendra étouffant. L'espèce humaine me fait peur. Je ne peux dire que je suis quelqu'un de bien, ce serait être fascinée par moi même, et ce n'est pas le cas. Je suis fascinée d'avoir à ce point la tête sur les épaules, de ne rêver que de choses réalistes. J'aimerais me confondre dans la foule, que mon esprit se divague à travers les autres, comme s'il se permettait enfin de vagabonder. J'ai envie de devenir quelqu'un d'autre, de m'abandonner à autre chose qu'à la souffrance. D'apprendre enfin ce qu'est le bonheur. Mais le bonheur n'est qu'éphémère. Dieu a oublier de nous créer l'inconscience. Il n'a créer que des êtres capables de comprendre, d'observer, il a donc échoué à sa tache de créateur. Il n'a que créer des êtres capables du pire.
Je suis heureuse, j'en suis consciente. J'ai de la chance de vivre à Neuilly et pas dans un bidonville. J'ai de la chance d'être dans le monde commun des mortels. Mais une question revient sans cesse: "Pourquoi me créer, moi ?" Pourquoi me créer de cette façon et pas d'une autre. Pourquoi suis-je celle que je suis et pas une fille comme les autres, qui ne se poserait pas autant de questions. Pourquoi suis sensible à ce point à ce qui m'entoure ? Je ne comprendrais jamais, mais je fais avec, ou sans, c'est au point de vue extérieur d'y penser. Je m'abandonne.